|

cliquez ci-dessus pour revenir au sommaire du
dossier
 |
PAGE 2 SUR LES
COMÈTES |
Des comètes et des hommes
La plus célèbre comète de l'histoire est certainement P/Halley nommée en hommage à
celui qui comprit sa périodicité confirmant ainsi les travaux de Newton. Observée sans
interruption de -239 à 1986, son passage tous les 76 ans a souvent été associé à des
événements tragiques et parfois à des victoires. Ainsi, sur la célèbre tapisserie de
la reine Mathilde exposée à Bayeux est décrite la bataille de Hastings du 14 octobre
1066. Des personnages observent le ciel et la légende associée "ISTI MIRANT
STELLA" montre bien l'ignorance dans laquelle on était sur ces objets fugaces. La représentation
elle-même doit plutôt être assimilée aux peurs anciennes, associant les comètes à
des sabres, des couteaux... ou au mieux à des étoiles. Trois cents ans plus tard, en
1304, le peintre Giotto di Bondone (1267-1337) peint "L'adoration des mages".
Là, la célèbre comète est pour la première fois représentée de façon réaliste
annonçant à la fois un progrès des arts et des sciences. La Renaissance approche et des
hommes comme Copernic, Tycho Brahé, Kepler et Galilée vont modifier la façon de voir la
Terre dans l'espace. Cette révolution n'a pas empêché par la suite astrologues et
charlatans de continuer à dire beaucoup de bêtises sur les comètes comme ce fut le cas
encore en 1986.
D'où proviennent-elles ?
Les comètes
représentent une partie de la matière restant après la formation du Soleil et des
planètes du Système Solaire il y a 4,6 milliards d'années. Les comètes semblent issues
d'un immense réservoir, appelé nuage de Oort situé à 50 000 unités astronomiques.
Perturbées par les planètes, elles parcourent des orbites elliptiques qui les amènent
jusqu'à 15 unités astronomiques du Soleil. Dans le Système Solaire interne, toutes les
perturbations secondaires sont imaginables y compris la possibilité de collision avec des
planètes ou même le Soleil. Le froid dans ces régions est un avantage qui permet la
conservation de ces noyaux composés de glace et de poussières. Ainsi, les noyaux de
comètes constituent un précieux matériel pour la connaissance des origines du Système
Solaire.
Une boule de neige sale : Au fur et à mesure que la comète s'approche du Soleil,
l'action de celui-ci dégrade le noyau et contribue à former les queues. Dégazage et
poussières proviennent donc du noyau en rotation dont la densité est estimée à 1g/cm3.
La glace est sublimée et les molécules d'H2O dominent dans la tête, autour du noyau
avec également des traces d'HCN, CO2 et CO. Ces molécules dites mères sont fortement
cassées et ionisées par le rayonnement ultraviolet du Soleil. Des radicaux libres
apparaissent : on les observe dans toute la tête.
Les ions eux-mêmes sont balayés par le vent solaire : ils constituent la queue ionisée
(ou queue de plasma). La matière contenue dans le noyau est libérée par la sublimation
de la glace. Soumise à la pression du rayonnement solaire elle se trouve repoussée vers
l'arrière du noyau. Soumises à la loi de gravitation, ces poussières occupent peu à
peu la trajectoire incurvée de la comète. Éclairées par le Soleil et se détachant sur
un fond de ciel sombre, elles forment l'essentiel du spectacle.
Atomes, molécules et ions les plus
courants observés dans les comètes
Ces tableaux expriment la richesse et la diversité des matériaux originels du Système
Solaire. Les métaux sont détectés grâce au spectroscope lorsque la comète s'approche
très près du Soleil. Les grains de poussières surchauffés se vaporisent et libèrent
les métaux.
Tête |
Queue
ionisée |
| H,OH,O,S |
CO+, CO2+ |
| C,C2, C3,CH,CN,CO,CS |
H2O+, OH- |
| NH, NH2, HCN, CH3,
CN |
CH+, NH+, N2+ |
| Na, Fe, K, Ca, V, Cr, Mr, Co, Ni,
Cu |
C+, Ca+ |
revenir au sommaire du dossier comètes
|