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La palette des
éclipses
On peut penser
que la Lune doit être complètement invisible pendant la totalité
puisqu'elle ne reçoit théoriquement plus aucun rayonnement en
provenance du Soleil. C'est compter sans l'atmosphère terrestre
qui diffuse et réfracte la lumière solaire à l'intérieur du cône
d'ombre
On ne peut ainsi
jamais prévoir l'intensité de la teinte du disque lunaire
puisque celle-ci est directement liée aux conditions atmosphériques
présentes dans les couches de notre atmosphère situées en périphérie
de la planète au moment de l'éclipse. Des
êtres humains situés sur la Lune à un tel instant verraient une
couronne lumineuse autour de la Terre.
Selon l’éclipse,
il est possible d’apercevoir sur la Lune un liseré bleu-vert en
bordure de l'ombre. Il est dû à la réfraction de la lumière
solaire par la couche d'ozone (18 à 20 km d'altitude). Toutes
les variations allant du bleu-vert au jaune-orangé, puis au rouge
cuivre plus ou moins foncé sont possibles mais leur observation nécessite
un instrument très lumineux et la perception des nuances de
couleurs est une chose délicate qui évolue d'un observateur à
l'autre, d'où l'intérêt de la photographie.
Une échelle
destinée à évaluer l'aspect de l'éclipse a été proposée par
l'astronome français Danjon :
0 : éclipse très
sombre - la Lune est pratiquement invisible.
1 : éclipse sombre, grise ou brune - les détails lunaires sont
difficilement perceptibles.
2 : éclipse rouge foncé - le centre de l'ombre est très sombre,
la zone périphérique est un peu plus claire.3 : éclipse rouge
brique - le bord de l'ombre est d'un gris jaune assez clair.
4
: éclipse brillante avec une teinte cuivrée orangée - la
bordure est bleutée et très lumineuse.
Les
instruments
Si le spectacle
est déjà admirable à l'œil nu, la paire de jumelles est
l'outil le plus adapté pour suivre correctement le déroulement
d'une éclipse. Il les faut très lumineuses pour mieux faire
ressortir les fluctuations de teintes et pas trop lourdes pour les
supporter au moins une heure (temps de l'entrée dans l'ombre).
Des 7 x 50 ou 8 x 60 sont idéales. Si le grossissement est supérieur
à 10 fois, il faut impérativement prévoir un support.
L'observation
au télescope ou à la lunette doit se faire avec l'oculaire le
plus lumineux et surtout avec celui qui permet de voir la Lune en
entier dans le champ. |