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PAGE 3 SUR LA TECTONIQUE DES PLAQUES

La naissance des océans
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Nous avons vu que les plaques lithosphériques peuvent s'écarter les unes des autres. La séparation se fait à l'axe des dorsales médio-océaniques, qui marquent la trace d'une fissure profonde. Cette fissure coupe la lithosphère rigide et atteint la couche plus chaude et moins résistante de l'asthénosphère. Alors, des matériaux en fusion (les magmas) montent dans la fissure, se consolident et forment une nouvelle lithosphère. Ce processus est continu et la montée du magma cicatrise en permanence l'ouverture. Le plancher océanique est donc un gigantesque tapis roulant qui prend naissance de part et d'autre de la dorsale médio-océanique (ce phénomène s'appelle l'accrétion océanique), puis il plonge dans les profonds fossés océaniques et il est recyclé dans le manteau. La preuve de ce renouvellement du fond des océans vient de l'étude du champ magnétique terrestre. En effet, les jeunes laves produites au niveau de la dorsale enregistrent le champ magnétique de l'époque, au moment de leur refroidissement. Ainsi, le fond sous-marin montre des bandes d'anomalies magnétiques allongées parallèlement à la dorsale. Des bandes d'anomalies positives (aimantation des laves, acquise lors de leur refroidissement dans un champ de même sens que le champ actuel) alternent avec des bandes d'anomalies négatives (aimantation dans un champ opposé au champ actuel, après une inversion des pôles magnétiques). Si on représente en noir les anomalies positives et en blanc les anomalies négatives, la carte apparaît alors comme une "peau de zèbre"! C'est par l'étude de ces bandes symétriques par rapport à la dorsale que l'on a pu reconstituer par exemple l'éclatement du super-continent, la Pangée. Cet éclatement a commencé par l'ouverture de l'Océan Atlantique il y a 165 millions d'années.

Tous les océans du Globe sont parcourus par des dizaines de milliers de kilomètres de dorsales médio-océaniques, qui forment des reliefs sous-marins assez linéaires. La vitesse d'ouverture de ces dorsales, c'est à dire la vitesse de déroulement du tapis roulant, varie de 0,5 cm/an (cas d'un océan très jeune et étroit comme la Mer Rouge), jusqu'à 20 cm/an (cas de la dorsale Est Pacifique). L'espacement des bandes de la peau de zèbre traduit ces différences de vitesses. On distingue des dorsales "lentes" (elles fabriquent 0,5 à 4 cm de fond océanique par an) et des dorsales "rapides" (leur extension se produit à des vitesses supérieures à 5 cm/an).

Les dorsales "lentes" présentent une vallée axiale marquée, large d'environ 35 kilomètres et profonde d'environ 2 km. A cet endroit, le volcanisme n'est pas très important et il est fréquent d'observer des petits volcans isolés ou alignés dans la vallée, c'est le cas de la dorsale médio-atlantique. Les dorsales "rapides", comme la dorsale Est Pacifique, n'ont pas une vallée axiale marquée car les fissures provoquées par l'extension sont vite masquées par d'abondantes coulées de laves fluides et de laves en coussins. Dans tous les cas, à cause de l'écartement des plaques, il se crée des failles parallèles à la dorsale, et donc beaucoup de séismes.

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© 2003, Géospace Hérault.Tous droits réservés | Date de dernière modification : 04/12/2002