cliquez ci-dessus pour revenir au sommaire du dossier

PAGE 2 SUR LES VOLCANS

Un basalte... des basaltes
Un seul mot, avec, paraît-il, une lointaine racine éthiopienne, pour désigner toute une gamme de roches volcaniques de couleur gris foncé à noir ayant en commun leur relative pauvreté en silicium, en sodium et en potassium, et leur richesse en fer, magnésium et calcium. Leurs minéralogies sont très voisines : de l'olivine vert-jaune (silicate de fer et de magnésium), du pyroxène noir de type augite (silico-aluminate de fer, magnésium et calcium), du feldspath plagioclase (silico-aluminate de calcium et de sodium), des oxydes ferro-titanés et quelques broutilles ... Les pétrologues, depuis une trentaine d'années, se sont appliqués, à partir des analyses chimiques et en particulier des teneurs en éléments traces (tel que le lanthane, le strontium ...) à distinguer plusieurs types de basaltes, chacun de ces types se rencontrant dans des contextes géologiques différents. Les basaltes languedociens appartiennent au type "alcalin". Ce sont des basaltes caractéristiques de "point chaud".
(photo ci-contre : Prismes basaltiques (Azinières - Hérault))

Des volcans stromboliens
C'est ainsi que l'on qualifie les volcans dont l'activité associe explosions intermittentes de faible puissance et émission de coulées de lave. Le modèle est bien sûr le Stromboli, volcan appartenant à l'archipel des Iles Eoliennes, au nord de la Sicile. Les laves émises par ce type de volcan ont toujours des compositions de "basalte". Le magma basaltique est fluide, très chaud (1100 à 1300°) et relativement pauvre en gaz. En profondeur les gaz sont dissous dans le magma. Lorsque le magma remonte, des bulles se forment par dépressurisation : c'est le phénomène de vésiculation. Les bulles de gaz deviennent de plus en plus grosses au furet à mesure que la pression diminue. Ces bulles, en raison de leur faible densité, se séparent spontanément du magma et remontent vers la surface avec une vitesse supérieure à celle du magma. De véritables poches de gaz, de diamètre voisin de celui du conduit magmatique, se forment ainsi à quelques mètres sous la surface. Arrive un moment où, au sein de ces poches, la pression gazeuse devient suffisante pour expulser la colonne de magma qui se trouve au-dessus : c'est ce mécanisme qui est à l'origine des explosions de type strombolien. Les poches de gaz étant séparées les unes des autres, les explosions sont elles-mêmes séparées par des périodes de repos de plusieurs secondes (activité paroxysmale) à plusieurs minutes voire dizaines de minutes. Le magma éjecté se fragmente et retombe autour du cratère sous forme de projections de taille variable(des cendres aux lapilli et aux blocs). Ce sont elles qui en s'accumulant construisent les cônes de projections si caractéristiques du dynamisme strombolien. Les projections stromboliennes - que les carriers appellent aussi "pouzzolanes" - s’identifient grâce à leur aspect scoriacé et à leur couleur variable qui va du noir au rouge. Les blocs (diamètre supérieur à 6,4 cm) ont souvent des formes particulières - forme en "bouse de vache" ou bien en "fuseau".

Mais qu'est-ce qu'un point chaud ?
En quelque sorte une petite astuce que notre planète vivante utilise pour évacuer ses bouffées de chaleur ...Au sens strict, il s'agit d'une zone anormalement chaude située au sein du manteau terrestre. On assimile ces points chauds -que l'on appelle aussi"panache"- à de grandes colonnes convectives entraînant du manteau profond, chaud et visqueux, et le remontant à travers le manteau supérieur plus froid. Leur durée de fonctionnement est souvent très longue (70 millions d'années dans le cas du point chaud d'Hawaï). Ces colonnes s'enracinent, pour certaines vers 400 km de profondeur, à la limite asthénosphère-manteau inférieur, pour d'autres peut-être à 2900 km, à la limite manteau-noyau. Ces colonnes sont parfois très actives et elles peuvent, dans certains cas, grignoter la lithosphère en la réchauffant et même en la remplaçant. Leurs vitesses de remontée sont de l'ordre de quelques cm par an ... mais cette remontée est suffisamment rapide pour s'effectuer sans que le manteau impliqué ait le temps de se refroidir : il subit donc une décompression "adiabatique". Et c'est cette décompression qui va déclencher, au sein du manteau ascendant, à une centaine de kilomètres de profondeur, une fusion limitée (quelques pour-cent seulement de ce manteau vont fondre) qui va conduire à la formation de magma basaltique. Ce sont les points chauds qui sont responsables de l'intégralité du volcanisme qui se développe à l'intérieur des plaques (volcanisme intraplaque) océaniques (cas d'Hawaï et de la Réunion) et continentales (cas du Massif central, du Hoggar, du Tibesti ...).

puce.gif (187 octets) revenir au sommaire du dossier Volcans

  

| retour en haut de la page | mentions légales | réalisation : Pyxis |
© 2003, Géospace Hérault.Tous droits réservés | Date de dernière modification : 04/12/2002