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PAGE 3 SUR LES VOLCANS

Des volcans en Languedoc
Et oui, le Languedoc n'a pas toujours été cette terre de soleil et de calme géologique que nous connaissons. Il y a peu -mais précisons qu'il s'agit d'un peu de géologue- à peine quelques 700 000 ans, les banlieues d'Agde et de Saint-Thibéry retentissaient encore du grondement sourd des volcans et la lave jaillissait des Monts Ramus et du Mont Saint-Loup. Au Cap d'Agde, lave et eau de mer se mélangeaient pour préparer l'avenir des promoteurs immobiliers et les terrains de jeu des naturistes de cette fin de siècle... Quand on regarde la carte géologique de notre région, on est surpris par l'abondance des formations volcaniques "dites récentes". Elles se regroupent en une "chaîne" qui court depuis le Cap d'Agde, au Sud, jusqu'au Nord de Millau. Ne nous trompons pas sur les termes : "une chaîne volcanique", certes, mais qui n’a rien à voir avec l'alignement compact de volcans comme celui que l'on voit dans la Chaîne des Puys. Notre "chaîne" donne plutôt dans le dispersé - aligné. Rien à voir non plus avec les énormes complexes volcaniques, comme le Cantal ou le Mont-Dore, où l'on retrouve pêle-mêle des laves de nature très différente. Chez nous, toutes les laves ont la composition de "basalte". Notre chaîne languedocienne est donc du genre modeste et un tantinet monotone du point de vue pétrographique. Au total une traînée volcanique d'une centaine de kilomètres de long ... se poursuivant en mer et cela jusqu' à 30 kilomètres au sud du Cap d'Agde, comme l'ont montré les levés aéromagnétiques. Mais pourquoi du volcanisme en Languedoc ? On en discute encore dans les chaumières universitaires. L'hypothèse qui a actuellement le vent en poupe : les volcans du Languedoc seraient les petits cousins méridionaux de ceux du Massif Central, et tout comme ces derniers, ils résulteraient de l'activité du "point chaud" qui existe sous ce massif.
(photo ci-dessus : Un volcan "colonisé" -Le Mont Saint Loup-)

Le chemin des laves d'Agde à Millau, en passant par Lodève
Ainsi une petite douzaine de "volcans stromboliens" apparaissent entre le Cap d'Agde et Clermont-l'Hérault. C'est la partie "jeune" de la chaîne (entre 1,5 million d'années et 700 000 ans) et les cônes de projections –modestes collines qui dominent de leurs quelques dizaines de mètres la basse vallée de l'Hérault (le plus spectaculaire est le Mont-Saint Loup !)- sont conservés. La petite taille de ces édifices tient simplement au fait que les éruptions qui sont à leur origine ont été de courte durée : quelques semaines tout au plus. Quant aux coulées, elles sont en général, peu visible dans la topographie. Elles encerclent parfois le cône qui leur a donné naissance comme aux Monts Ramus. Les carrières sont alors les bienvenues, car elles seules nous révèlent les superbes structures prismées -le fameux jeu d'orgue- si caractéristiques des coulées de "basalte". Mais parfois aussi ces coulées ont été chenalisées dans de petites vallées perpendiculaires à l'Hérault actuel : c'est le cas de la superbe coulée qui court depuis la colline de la Baume (au Nord de Caux) jusqu'à Lézignan-la-Cèbe ... une course de prés de 8 kilomètres, notre record régional !Une grosse douzaine de volcans éparpillés autour du lac du Salagou... Les éruptions sont ici plus anciennes (autour de 2 millions d'années). Les cônes ont été rabotés et les plateaux qui dominent le lac, au Nord, sont autant de coulées mises en relief par l'érosion. Quant aux fameuses aiguilles noires qui traversent les ruffes rouges si typiques du Lodévois, ce sont d'anciennes cheminées volcaniques dégagées par l'érosion (necks). Une vingtaine bien alignés le long d'un axe Nord-Sud et calmement posés sur le causse du Larzac, entre Brenas et Les Rives ... C'est le pittoresque plateau de l'Escandorgue. L'activité volcanique y est légèrement plus ancienne que dans le Lodévois (entre 3 et 2 millions d'années). Les cônes ont pratiquement disparu et les coulées sont réduites à de vagues collines molles. Seules les saignées occasionnées par les routes révèlent que les verts pâturages de l'Escandorgue sont d'anciens volcans. Plus au Nord, quelques pointements volcaniques sont dispersés sur le Causse, et jusqu'au Nord de Millau. Leur âge : autour de 6 millions d'années. Deux faits remarquables à signaler : tout d'abord l'alignement méridien presque parfait des volcans languedociens, matérialisant la géométrie des fractures de l'écorce terrestre qui ont permis au magma de remonter jusqu'en surface ; ensuite, l'âge de plus en plus jeune des volcans au fur et à mesure que l'on se déplace vers le sud. L'activité volcanique a donc progressivement migré, entre -7 millions d'années et 700 000 ans, depuis les Causses jusqu' à la mer.

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