FICHE RESSOURCE : LA SPHERICITE DE LA TERRE
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Langue langue : français
Niveau 1
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Contenu
  1. Théorie, modèles d'univers
  2. Activités possibles en primaire
  3. Activités possibles liées à l'idée de sphéricité aves l'utilisation de la trigonométrie



  1. THEORIES, MODELES D'UNIVERS

 

Evolution des idées par rapport à la représentation du monde

  • PréhistoireAngleterre/Italie
    Des traces laissées par les hommes préhistoriques (dessins ou monuments sanctuaires) nous prouvent que les hommes, totalement dépendant de la nature, donnaient un caractère religieux aux astres et aux phénomènes célestes.

  • Egyptiens
    Les égyptiens, peuple sédentaire et agricole, avaient une vie réglée sur le Soleil et rythmée par les crues du Nil (le moment de l'année où Sirius se levait juste avant le lever du Soleil annonçait les crues du Nil). L'univers a la forme d'une vaste boîte rectangulaire orientée du nord au sud comme le Nil. Le fond est légèrement concave et l'Egypte se trouve au centre. Le ciel est plat comme un plafond soutenu par quatre colonnes ou montagnes. De chaque côté coule un grand fleuve sur lequel vogue la barque qui porte le Soleil.
  • Mésopotamiens
    Le monde est né des débris du monstre marin Tiamat, habitant des eaux primordiales qu'un dieu aurait mis en pièces. La voûte céleste était formée d'une moitié du monstre où prenaient place étoiles et constellations, séjour des dieux ; l'autre moitié formait la Terre. L'Univers était en forme de caisse fermée dont notre planète constituait le fond. Au centre s'élevait la grande montagne couverte de neige où l'Euphrate prend sa source. La Terre était entourée d'eaux, au-delà desquelles se dressaient les montagnes qui soutenaient le firmament.
  • Hébreux
    Le monde est création de Dieu. Le calendrier est très précis. Le Talmud (livre religieux des hébreux) contient de nombreuses observations astronomiques d'un intérêt capital et d'une grande précision.
  • Pythagoriciens (550 av JC) : "Tout est nombre"
    "Le nombre est la substance de toute chose". L'Univers est un ensemble ordonné reposant sur le nombre 10. Dix structures ordonnées selon la symétrie sphérique : Terre, Soleil, Lune, cinq planètes, la voûte des étoiles fixes et un corps invisible (anti-Terre). Tout ce qui se déplace dans le ciel décrit nécessairement un cercle car régi par la loi éternelle et rigoureuse du mouvement circulaire.
  • Philosophes grecs
    Euxode de Cride (400-300 av JC) décrit le mouvement de la Lune et des planètes Vénus, Mercure, Mars, Jupiter, Saturne, par la combinaison de mouvements circulaires centrés sur la terre.
    Aristarque de Samos (320-310 av JC) a l'intuition du système héliocentrique. Il parvient à établir le vrai diamètre de la Lune.
    Eratosthène (276-196 av JC).
    Vers 230 av JC, un grec d'Alexandrie va s'atteler à une tache fantastique pour l'époque : mesurer le grand cercle, la circonférence de la Terre. Il avait remarqué qu'à Syène à midi, au solstice d'été, les rayons solaires descendent au fond d'un puits. Ils sont parallèles aux bords du puits. Or, à la même date, l'Obélisque d'Alexandrie, projette une ombre faisant 7,5° avec lui. Il en conclut que l'arc de cercle Alexandrie-Syène a lui aussi 7,5°. Il connaît la distance Alexandrie-Syène, c'est à dire la longueur de l'arc de cercle. Or 7,5° valent environ le 50e de la circonférence de la Terre. Le tour de la Terre vaut donc 50 fois l'arc de cercle mesuré.
    Héraclide (4e siècle av JVC).
    Pour lui, la Terre est au centre du système mais Vénus tourne autour du Soleil, lui-même satellite de la Terre.
    Hipparque (140 av JC).
    Il fonde la trigonométrie, étudie avec rigueur le mouvement de la Lune et du Soleil, découvre le précession des équinoxes et établit le premier catalogue d'étoiles. Pour le système solaire, il adopte l'ordre suivant : Terre, Lune, Soleil, Vénus, Mercure, Mars, Jupiter, Saturne. Les étoiles sont au-delà du système solaire.
    Ptolémée (150 après JC)
    Il reprend et impose pour de nombreux siècles le système géocentrique.
  • Le Moyen âge chrétien (XIIIe siècle)
    Les astronomes ajoutent une nouvelle sphère aux huit de Ptolémée dans le but de séparer le mouvement diurne de la voûte des étoiles fixes du mouvement des constellations qu'ils avaient observé et calculé. On pensait que chaque sphère était animée de son propre mouvement. Certains ajoutaient même au-delà de la voûte céleste un autre ciel immobile, l'Empyrée. Les sphères célestes sont maintenues en mouvement par les esprits angéliques préposés à chacune d'elles. La Terre est au centre de l'Univers soutenue par Dieu.
  • Copernic (1475-1543).
    Même s'il ne peut en fournir la preuve, Copernic est profondément convaincu qu'il faut mettre le Soleil au centre du monde et démontrer que la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil. Ainsi le seul mouvement de la Terre suffirait à expliquer les mouvements que ses précécesseurs attribuaient au Soleil et autres étoiles et dont l'apparence vient du fait que l'observateur tourne sans s'en rendre compte. L'idée fondamentale des Anciens (mouvement des corps célestes circulaire et uniforme) est toutefois conservée. Copernic a beaucoup de mal à démontrer ses théories. De plus, ceci allait à l'encontre des Ecritures où il est dit que la Terre est immobile et que le Soleil tourne autour d'elle.
  • Tycho Brahé (1546-1601).
    Il est connu pour ses talents d'observateur et la précision de ses instruments donc de ses mesures. Par contre, il vint encore renforcer les doutes sur la validité du système copernicien : la Terre se trouve au centre de l'Univers ; Soleil et Lune tournent autour d'elle ; les autres planètes se déplacent autour du Soleil.
  • Galilée (1564-1642).
    En Italie, Galilée soutient les théories coperniciennes. Il utilise la lunette fabriquée par des opticiens hollandais pour observer le ciel. On commence à voir des choses auxquelles l'oeil ne pouvait accéder jusque là. C'est le début de l'astronomie instrumentale. Ainsi, Galilée peut observer le sphases de Vénus, la planète Saturne, les satellites de Jupiter, le relief de la Lune. En 1632, il fut contraint de reconnaître pour fausses les théories en lesquelles il croyait. Mais le système de Copernic l'avait emporté et rien en pouvait plus y faire obstacle.
  • Képler (1571-1630) perfectionne le système de Copernic par la découverte des lois qui régissent le mouvement des planètes autour du Soleil. Le Soleil se trouve au centre, les planètes gravitant autour de lui sur des ellipses à une vitesse d'autant plus grande que la planète est proche du Soleil. L'orbite des planètes n'a plus la perfection du cercle. Képler décrit les mouvements des astres mais ne donne pas la nature de la force qui les provoque.
  • Newton (1643-1727).
    Il fait la synthèse du principe d'inertie abordé par Galilée et les lois de Képler. Il en déduit l'existence d'une force agissant entre deux corps et énonce la loi de la gravitation : "Deux corps placés à une certaine distance exercent l'un sur l'autre une force d'attraction directement proportionnelle au produit de leur masses et inversement proportionnelle au carré de leur distance". Cette loi explique la chute des corps lourds sur la surface de la Terre ainsi que le mouvement des planètes autour du Soleil et celui des satellites autour des planètes. Newton est le premier à proposer un modèle physiquement réaliste et toujours valable en mécanique céleste.

 

 

  1. ACTIVITES POSSIBLES EN PRIMAIRE

Objectifs
Un entretien rapide sur la forme de la Terre montre que l'immense majorité des élèves au CM, connaît la forme sphérique de la Terre. Toutefois, il est intéressant de poser le problème pour montrer comment il a été résolu historiquement. C'est une des rares occasions de sensibiliser les jeunes élèves à l'histoire des sciences et de leur montrer que la science n'est pas une suite de vérités absolues, mais une longue quête parsemée d'embûches et d'erreurs.

  1. L'évolution des idées au cours des siècles
    On proposera aux élèves quelques représentations que les hommes de diverses civilisations ont eu de la Terre et on leur demandera d'associer des représentations illustrées et le texte correspondant (voir document n° 1).
  1. Les grecs et l'idée de sphéricité
    On proposera un compte-rendu simple de l'observation d'Erathosthène sans interprétation (voir document n° 2).
    On demandera aux élèves s'il est possible de reproduire cette expérience simplement dans le cadre scolaire. Pour cela, on leur proposera une carte d'Egypte où apparaissent les villes de Syène et d'Alexandrie, ainsi que deux épingles qu'il planteront aux endroits correspondants sur la carte, perpendiculairement à la surface de la carte. Il suffira alors d'aller au Soleil et de tenter de reproduire l'observation faite par Eratosthène.
    Si la carte est maintenue plane, les deux épingles ont une ombre identique ou pas d'ombre du tout l'une et l'autre. Pour obtenir au même instant une ombre à Alexandrie et pas d'ombre à Syène, il faut courber la carte. La surface de la Terre est donc courbe. Par extrapolation, on déduira donc que la Terre n'est pas plate mais sphérique.

  1. Erathosthène et la mesure de la circonférence terrestre
    On fournira aux élèves un compte-rendu complet de l'expérience, avec les résultats des mesures effectuées à l'époque d'Eratosthène (voir document n° 3).
    On leur demandera d'en déduire la circonférence terrestre. Suivant le niveau en mathématique, le professeur apportera l'aide nécessaire.

 

 

  1. ACTIVITES POSSIBLES LIEES A L'IDEE DE SPHERICITE AVEC UTILISATION DE LA TRIGONOMETRIE (4e)

 

  1. Expérience d'Eratosthène réalisée entre deux classes jumelées échangeant par téléphone
    La mesure, au même instant de l'ombre d'un poteau planté verticalement dans le sol, dans deux villes différentes (A et B), situées autant que possible sur le même méridien, permet de retrouver la mesure de la circonférence de la Terre grâce à un calcul très imple.
  1. Mesure du rayon terrestre depuis une hauteur
    La Terre étant sphérique, la présence d'un horizon permet d'accéder à la connaissance du rayon terrestre.

 

  1. Réalisation de l'expérience :
    D'un sommet S dont on connaît l'altitude h, on vise l'horizon T.L'angle formé avec le plan de l'horizontal est noté a. a est aussi la valeur de l'angle OS, OT.
Cos a =  Cos a = donc   r =

a étant mesuré (Remarque : les valeurs de a sont trop faibles pour être mesurées avec un appareil simple, seule une lunette de visée de géomètre pourrait convenir), h étant connu, on en déduit r (pour information r @ 6366 km).

Causes d'imprécisions : réfraction des rayons lumineux qui traversent les basses couches de l'atmosphère.

Voici quelques résultats qui permettent le calcul de r sans effectuer le relevé :

**********

Annexe:
Inversement, en suppposant connu le rayon terrestre, on pourra déterminer la distance de l'horizon apparent d, pour différentes valeurs de h par simple calcul.

Remarque :
Sachant que la Lune a un rayon de 1700 km, il peut être amusant de faire le même genre de calcul en s'imaginant sur le bord d'un cratère lunaire... !


 

 

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© 2003, Géospace Hérault.Tous droits réservés | Date de dernière modification : 08/09/2003